Dans la "fosse mystique" -
Siegfried Wagner au pupitre

 

(Extrait de ANTOINE GOLÉA, Entretiens avec Wieland Wagner, Belfond, Paris, 1967) :

Antoine Goléa : Quelles difficultés rencontrent ici les chefs ?

Wieland Wagner - Tout d'abord, le fait de diriger sous le couvercle. Puis, la disposition de l'orchestre, et les conditions acoustiques, tout à fait différentes des con­ditions ordinaires, qui en résultent. (…) Vous avez tout d'abord les violoncelles et les contrebasses, cou­pés en deux, placés à gauche et à droite du chef, tout comme d'ailleurs les bois. Ensuite, nous avons, à Bayreuth, l'em­placement inversé des violons: chez nous, les premiers violons se trouvent à droite du chef, les seconds à gauche. Richard Wagner a prévu lui-même cet­te disposition particulière, pour obtenir la célèbre fusion sonore de l'orchestre de Bayreuth.(…) Le résultat est unique en son genre, encore favorisé par le fait que les cuivres se trouvent bien plus bas que les cordes, puisque la fosse d'orchestre continue de descendre en amphithéâtre, à la suite des rangées de fauteuils de la salle. Quant aux bois, ils se trouvent placés exactement au centre, et leur sonorité monte sans entraves à travers le cou­vercle directement vers la salle. La dis­tance entre le chef d'une part, les tim­bales et le tuba-contrebasse d'autre part est à Bayreuth de 9 mètres 10, en hauteur de 4 mètres. Malgré cela, ou plutôt justement à cause de cela, je trouve que des enregistrements stéréo­phoniques n'ont pas de sens à Bayreuth. Les enregistrements stéréophoniques dissolvent l'orchestre et dispersent le son. Wagner voulait obtenir le contraire. Je n'écoute jamais d'enregistrements stéréophoniques